La Plume du Castor

Rien que des nouvelles. Des courtes, des longues, du policier, du romantisme, de l’humour… (toute ressemblance avec des évènements ou personnes existantes ou ayant existée serait purement fortuite)

12 juillet 2008

Théatre ? non, vente !

« Vous avez gagné un service à raclette et une perceuse ! » Annonça la télé prospectrice.
Seule condition pour avoir les cadeaux, aller voir la boutique en couple, sans obligation d’achat. En couple, Sylviane ne l’était pas, elle, la célibataire endurcie. Aussi contacta-t-elle un ami - un véritable ami, pas un petit ami - pour l’accompagner et se faire passer pour son conjoint. Détestant le fromage, ce qui l’intéressait, elle, c’était la perceuse. Elle offrirait donc le service à raclette à son ami, Domi.

La boutique était en fait une sorte d’entrepôt grossièrement aménagée. La scène du théâtre sans les décors, juste comme accessoires quelques meubles les uns sur les autres, un peu comme après un séisme de force 12 sur l'échelle de Richter…

Théâtre… c’était bien le mot ! Seulement vous devenez acteurs vous aussi.

ACTE 1

A l’entrée, une brochette de vendeurs stéréotypés, véritables gravures de mode, se fendaient la poire en voyant les autochtones venir, car ils ne sont vraiment pas à la mode, dans c’te région ! Et tels des rapaces, ils piquaient sur les pauvres brebis (éventuels clients).

Moulins à paroles ? Non ! Mitraillettes à paroles !

« Blablablabla… nouveau sur la région…. Blablabla… voulons cibler les goûts des clients selon les régions… blablabla… Catalogues différents… blablabla… Cadeaux gratis pour vous remercier… blablabla… En contrepartie nous vous demandons de nous dire ce que vous aimez et n’aimez pas, pour faire notre catalogue en fonction (ordre des photos) blablabla… »

Une fois la leçon récitée, ils lâchaient leurs proies afin qu‘elles regardent les meubles.  Sylviane et Domi hésitèrent. Ils avaient leurs cadeaux en main, que faire ? Partir ? Bah ! Ils allaient jouer le jeu ! Zieuter un peu ! En fait, il n’y avait pas grand chose d’exposé. Encore moins pour leur plaire (pas de choix de couleur selon les modèles) et rapport qualité prix tout bénéfice pour le magasin !

3 canapés plus loin, le rapace retombait sur ses proies !

« Blablabla… C’ki fait plaisir, c’ke vous essayez les canapés ! blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… »

Et de leur montrer la qualité des fauteuils. Le cuir ne flambe pas. Preuve à l’appuis, il alluma son briquet dessus… Mais, même pour les beaux yeux de Sylviane, il ne voulu pas faire de même avec les canapés en tissus ! Pourquoi ?

Robustesse ! Comme un sale gamin, il se mit à sauter sur son canapé avec ses chaussures ! Domi souriait à l’idée que s’il en faisait autant chez Sylviane, quelle tarte il recevrait !

Puis, opération mise à l’aise avec la flatterie. L’aigle devient le renard de la fable.

Bon… Sauf que là il devint l‘illustration parfaite du « sois beau et tais-toi ! »

« Koik vous faites dans la vie ? …. Madame est koi ? Frite ? hein ? Frit ? Ah ? Free lance ? ? ? ? Koi kça y en a être ? …. et blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… »

ACTE 2

Entrée du Loup dans la bergerie. Le big boss. Autre gravure de mode, quoique rase-mottes. Pas de manières entre eux, il voulait les mettre à l’aise ! Il se laissa tomber sur le fauteuil, et aussi sec, remonta ses jambes de pantalon dévoilant ainsi ses mollets de coqs poilus (ben quoi ? Vous n’avez jamais vu des galinacés poilus ?) et ses genoux pointus.

Opération séduction ? Essayait-il de séduire Sylviane en montrant les mollets, telles les auto-stoppeuses dans les films ?

Deux mitraillettes. blablabla… blablabla… blablabla… blablabla… Les deux acteurs jouaient leurs rôles, mais pas à la perfection ! cela sonnait faux !

Loup : « Z’avez parlé de la loterie ? »
Rapace : « Pas encore »
Sylviane : « Pardon ? »
Loup : « Z’y en avoir loterie ! Vous pas y en avoir vu dans le courrier ? Rien écrit ? »
Sylviane : « Non… »
Loup : « Koi k’ça y en a être vot’ nom ? »
Sylviane : « Trebes »
Loup : « Trebes ? Mais c’est un nom gagnant ça ! » (Aïe ! les mauvaises notes dans son récital ! cela sonnait tellement faux !)
Sylviane incrédule : « Oui mais c’est un nom très courant dans la région ! Trebes Sylviane »

Et Loup de se précipiter dans les coulisses les laissant avec rapace et son tsunami de paroles. (Notons qu’il ne s’intéressa nullement aux commentaires tant attendus pour la publication du catalogue !)

Et loup de revenir toujours aussi théâtral.

Loup : « Sylviane Trebes : 3000 Euros ! »
Avant d’ajouter, bien entendu « en bons d’achats »

Domi : « Pour quel minimum d’achat ? »

Tel un escrimeur, il avait fait mouche !

La mâchoire de Loup tomba ! Désarçonné par une telle demande ! On ne lui avait pas appris de parade à genre de questions, dans son cour de théâtre ! Pardon, de vente !

Loup : « euh ? ah ? euh ? Oh ? Pas de minimum ! »

Vlan ! le piège se refermait sur Loup !

ACTE 3

Mais ils allaient jouer aux chats et à la souris !

Sylviane : « Le problème est que vous n’avez pour ainsi dire que des canapés ! et j’ai acheté le mien l’an passé ! »

Loup (tellement certain de sa qualité d’acteur louant les mérites de ses breloques) : « Combien l’avez vous acheté ? Je vous le reprends pour la somme que vous l’avez acheté ! »

Domi, ne laissant pas le temps de répondre Sylviane (qui aurait insisté sur le fait qu’elle tenait à son canapé) et se rappelant un autre canapé qui l’avait fait craquer (mais pas pu acheter à cause du prix) : « 6000 Euros ! »

Loup transpirait, bafouillait que ce n’était pas possible à ce prix…

Domi : « Oui ! Je comprends... 3000 Euros, sans minimum d’achats… Donc je peux prendre cette table, ce fauteuil et son pouf et le paravent pour 3010 Euros ! Je ne paye donc que 10 Euros ! » (Seuls le fauteuil et son pouf lui plaisaient ! Le reste aurait fait du bois à faire brûler dans la cheminée…)

Loup : « Les fauteuils sont par deux ! »

Tiens donc ? Tous étaient exposés par paires, sauf celui qu’ils avaient désigné et qui valait le double des autres !

Cela ne marchait pas ! Escrocs !

Loup tenta une autre opération : la remise sur l’achat d’un seul fauteuil. Tout en mélangeant les Euros et les Francs pour les embrouiller !

Bof !

Il descendit encore le prix ! Plus de 60% ! Intéressant direz vous ? Oui… pour lui ! car le prix était enfin le prix REEL ! dans toute autre boutique !

ACTE 4

Les deux acteurs reprenaient leurs jeux ! Rapace jouait le scandalisé ! « il fait ce qu’il veut, ça y en a être le boss, mais moi y en a pas d’accord ! Moi y en a pas faire vente ! »

Et Loup de revenir à la charge, ne comprenant pas pourquoi on ne sautait pas de suite sur l’occasion. Chose étrange, la réduction, valable 3 mois, ne l’était soudainement plus !

Dans une ultime parade Loup essaya : « ne le prenez pas, cela m’arrange ! »

Il devait penser piquer au vif ses proies, briser ainsi leurs dernières résistances, en leur faisant croire qu’ils  allaient le berner…

Bon ? Cela ne l’arrangeient pas ? Très bien ! Bye bye ! Sylviane et Domi  repartirent avec leurs cadeaux

Posté par Giovanni Petot à 12:29 - Humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


10 juillet 2008

Cavalcade et farniente

Pour être certains d’être réveillés au chant du coq, ils vous en offrent un. Et pour être certains qu’il n’ait pas une panne d’oreiller (oui, le coq !) ils vont lui arracher les plumes, tant et si bien qu’à la fin du week-end vous avez le seul coq de la région qui soit chauve du croupion.

Et pendant que vous êtes en train d’émerger de votre sommeil, et de constater que votre réveil ne s’est pas arrêté et qu’il est effectivement 3 heures du matin, eux sont déjà sous la douche. Ils y vont par paire : un parent avec un gosse qui se tient à croupis entre ses jambes. Rien de vicieux ! Non ! On gagne du temps ! (Té ! Il faut tout vous expliquer !)

Alors que vous êtes en train d’essayer de vous lever, lourd de sommeil comme si vous pesiez 10 tonnes, eux sont déjà dans la cuisine : Café, croissants, charcuterie, confiture, céréales et jus de fruit, le tout mixé tout ensemble, sont ingurgités avec un entonnoir dont l’extrémité atteint l’œsophage, pour aller plus vite…

Et lorsque vous atteignez la porte de votre chambre, distante de 50 cm du bord de votre lit, vous entendez de grands coups de klaxons rageurs : ils s’impatientent dans la voiture.

Entre le chant du coq et celui de la voiture, 1 minute 30 secondes 10 centièmes se sont écoulés.

Et vous passez le reste de la journée à courir à la découverte de votre région. Tout y passe, tous les monuments, musées, curiosités et même là où il n’y a rien à voir. Vous vous êtes arrêté de compter les marches ainsi gravies, car après les 10 millions, vous n’aviez plus assez de doigts… Et vous allez devoir contacter votre assureur : vous avez fait plus de kilomètres en un jour que ce que vous " autorise " votre contrat annuellement…

Enfin ! vous retrouvez votre lit… Il est 2h45 du matin… Dans 15 minutes, devinez quoi ?

Jusque là, rien à dire ! Mais lorsque vous leur rendez visite, avides de connaître leur région beaucoup plus touristique que la vôtre …

Ils restent là, affalés sur les fauteuils, tels des phoques sur la banquise. Avec un peu de chance, vous pourrez sortir… à 17h30 ! Retour impératif pour 18 heures ! Il faut que Madame prépare le souper pour 21 heure : poulet fumé froid acheté tout cuit, taboulé décongelé, une salade achetée lavée et effeuillée, sauce en bouteille, un plateau de charcuterie acheté tout préparé, fromage, dessert décongelé et café soluble. C’est du boulot tout cela ! Beaucoup plus long et compliqué que les spécialités locales qu’ils vous auront demandé de leur préparer !

Alors, la promenade, le tour le plus petit possible du quartier ! De la région, vous ne connaîtrez jamais rien d’autre ! Pas question d’y aller seul non plus : vous êtes quand même là pour les voir, eux ! Ne songez pas vous échapper ne serait-ce que 15 minutes : on a fait des révolutions et de guerres pour bien moins !

Rendez-vous à l’évidence : jamais vous ne connaîtrez la forteresse à moins d’un kilomètre de chez eux, celle que des milliers de touristes, venus de 6 continents, visitent chaque année !

Posté par Giovanni Petot à 10:27 - Humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juillet 2008

Hurlements , pétunia et bouderies

Pati et moi sommes allés dîner chez des amis : Walkyrie et Soupaulait, leurs enfants, les jumelles Peste et Scarlatine, 6 ans, et le petit dernier Choléra, 4 ans. N’oublions pas Nombril, la télévision.

Je sais que les surnoms des marmots choquera certains. J’adore les enfants, mais j’avoue qu’en ce qui concerne ce trio, on comprend pourquoi certains animaux bouffent leurs petits ! Je résumerais simplement la situation en disant qu’ils ne se supportent pas et se jalousent les uns les autres. Toute action semble être dictée par un besoin d’attention et de reconnaissance des parents. Ils ressemblent aux enfants de la série Malcolm... En pire

ON MONTE OU ON REPART ?

Ils habitent dans un logement, au quatrième étage, sans ascenseur. Au fur et à mesure que vous gravissez les marches, divers sons parviennent à vos oreilles : Nombril vantant les mérites de nouvelles couches, de dentifrice, etc. Une querelle mettant en scène deux voix suraiguës, des cris de douleur exagérés. Un hurlement (de Walkyrie) vient y mettre provisoirement fin : « Peste ! Scarlatine ! ASSEZ ! ».

Cela promet ! Ils sont une fois de plus sur les nerfs ! Courage ! Il faut y aller ! A l’assaut du second étage.

Nombril continue de venter ses produits, tour à tour protection féminine et rouge à lèvre… Les voix suraiguës reprennent. Hurlement « Vos gueules ! » Silence, seule Nombril ne se sent pas concernée.

Ce n’est pas le fait de gravir toutes les marches qui nous ralenti…

Nombril vente à présent une voiture… mais le son est couvert par un cri strident. Hurlement : « Peste ! Scarlatine ! Laissez votre frère tranquille ! »

Gravir le dernier étage nous semble encore plus long.

Nombril parle de préservatif et de pâtes. Les voix suraiguës se lancent des noms d’oiseaux. Nouveau hurlement, mâle cette fois ! « Silence ! J’écoute Nombril moi ! » Tandis qu’en écho provient « Peste ! Scarlatine ! Allez dans votre chambre ! »

Driiiiiiiiing !

La sonnette, elle aussi bruyante et suraiguës vient mettre un nouveau terme temporaire à la cacophonie. Seule Nombril continue de vanter du papier toilette.

« Mamaaaaaaaaaaan ! on a sonné ! » Voix suraiguës en cœur, suivi, toujours en cœur : « arrêêêêêête ! C’est moi qui dis ! » « Chérie ! On a sonné ! » « Allez ouvrir, j’cuisine moi ! » « M’man les filles m’embêtent » Imaginez cela non mixé, tout ensemble !

Cela s’éternise… Bruits de pas, vociférations « Vous pourriez bouger vos graisses ! Je fais tout ici ! »

La porte s’ouvre enfin… déjà ? Je ne sais pas trop quel mot utiliser ! Dans le fond, nous espérions qu’elle ne s’ouvrirait pas…

Walkyrie et une odeur de graillon nous accueillent. Embrassades.

« Entrez ! Entrez ! Faites comme chez vous ! Je retourne à la cuisine»

UNE FOIS ENTRES...

Première opération : jeter nos vestes sur un énorme entassement de vêtements sur le porte mentaux. L’Himalaya des portes manteaux ! Sous les regards soupçonneux des jumelles. Sourcils froncés, elles toisent les perturbateurs, Peste un paquet de chips à la main, Scarlatine un de cacahuètes. « Dites bonjour ! » Le hurlement provient de la cuisine. Les deux s’exécutent, sourcils toujours froncés, lèvres dégoulinantes de graisses végétales et de sel. Même chose pour les mains qui se posent sur nos manches…

Bon, entrons dans le… euh ? Salon ! Regardez bien ou vous mettez les pieds. Amoncellement hétéroclite d’objets en tous genres, principalement des jouets, des magazines et des chaussures… Prenez vos pelles dégagez votre chemin !

Soupaulait s’arrache difficilement de la contemplation de Nombril qui vante à présent un programme à venir sur la chaîne. « Ca va ? Un apéro ? » Strict minimum de mots. Et toujours les regards noirs des jumelles. Nouveau hurlement provenant de la cuisine : « fous-moi la paix ! Va dire bonjour ! … tu m’emm… »

Choléra déboule dans le… euh ? Salon. Son accueil contraste avec celui de ses sœurs. Il nous saute dans les bras et nous embrasse. « Dis ! T’as un cadeau pour moi ? ». Sa démonstration serait-elle uniquement à but intéressé ? Les jumelles se révèlent moins hostiles lorsqu’elles voient Pati sortir des cadeaux de son sac. Grognements, onomatopées voulant probablement dire merci de leur part.

« Mais ? Vous êtes encore debout ? Soupaulait ! Fais de la place pour nos amis, voyons ! » Besoin d’une pelleteuse pour dégager une petite place pour y déposer nos délicats postérieurs.

PAS LE BON SOIR ?

Dans le fond, ils devaient regretter de nous avoir invité ce soir là, alors que Nombril diffusait une émission les intéressants particulièrement. Visiblement, tous deux avaient une oreille et un œil rivés à Nombril, et l’autre moitié à nous, mais distraits.

Nous sommes, en fait, très différents, (totalement, me souffle Pati) mais cela n’a pas empêché de tisser des liens amicaux.

Le plus dur étant de trouver des sujets de conversations. Ils ne s’intéressent à pas grand chose. Voyage ? Les seules questions que vous entendrez : Pourquoi faire ? T’as eu quel temps ? Z’avez mangé quoi ? Pas de frites ? ? ? ?


REPAS OU CATCH ?

Au moment de se mettre à table, Choléra jouait avec un ballon :

Tchoc ! La balle tape le sol
Pof ! Elle frappe le mur
Tchoc ! Retour au sol
Plof ! Dans les mains

Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

« Choléra, à table ! »
Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

« Choléra, à table ! »
Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

« Choléra ! J’ai dis à table ! »
Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

« Choléraaaaaa, àaaaaaaaaaaaa taaaaaaaaable ! »
Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

Peste ; d’une voix encore plus suraiguë :
« Je vais bien l’arrêter, moi ! »

LE DRAME AURAIT PU ETRE EVITE

Je compris sur-le-champ le drame qui se tramait !

Je lançais un regard désespéré à Walkyrie puis à Soupaulait. Surtout ne rien dire, pour ne pas être accueilli par le fameux « t’as des enfants ? ». Rien ! Aucune réaction des parents !

Peste se rua près de son frère et donna un grand coup de pied dans le ballon.

Buuuuuuuut ! Comme je l’avais pressenti !

Mais la suite se déroula légèrement différemment de ce que je prévoyais !

La balle traversa la salle, juste entre nos têtes, mais elle ne passa pas au travers de la fenêtre ouverte comme je le pensais. La footballeuse en herbe ayant mal calculé son tir. Le ballon heurta le pot de fleur sur le bord de la fenêtre.

Tandis que la malheureuse plante allait s’écraser 4 étages plus bas, la balle était projetée en arrière. Bon gardien de but, le pétunia !

RECONVERSION POUR LE PETUNIA : O.M. ? P.S.G. ?

Buuuut ! Le ballon dans le plat de frite, après avoir heurté la bouteille de vin, quelques verres et autres couverts.

Rire d’hyène hystérique de Peste. Hurlements de sirène de Choléra. Les parents pétrifiés. Pati blême, moi me mordant la langue pour ne pas éclater de rire devant le spectacle. Prompt comme le jaguar se ruant sur sa proie, Scarlatine reprenait la balle, se prenant pour une handballeuse. Le ballon suivit le pétunia…

Telles des éruptions volcaniques, les parents s’écrièrent en cœur :
« Non mais ? Cela ne va pas ? Non ? »
Soupaulait : « Scarlatine, va chercher la balle ! »
Walkyrie : « Peste, va chercher le pot de fleur »
Et dans une chorégraphie parfaite, (z’avaient répété, non ?) Chacun gifla une des jumelles. (pas fort, je vous rassure)

Ouiiiiiiiiinnnnnnnnn ! 3 sirènes ! 2 gamines en pleurs descendant chercher leurs victimes. Choléra se roulant par terre, victime d’une crise de nerfs, avec des « hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! » Vous vrillant les tympans jusqu’aux bouts des orteils. Lorsqu’il est ainsi, rien à faire d’autre que d’attendre qu’il se calme ! Essayer de le réconforter, de le toucher ne fait qu’augmenter sa crise et vous expose d’avoir des bleus sur tout le corps.

Les parents, toujours en parfaite synchronisation, passaient par toutes les couleurs et sentiments. Après la colère, la stupéfaction des actes des jumelles, et pour finir la honte de leur réaction. Car, s’ils crient et menacent beaucoup, les châtiments sont quasi inexistants.

Les jumelles toujours aussi renfrognées remontèrent. Le ballon, indemne, mais plus aucun espoir pour le pétunia. Choléra se rua sur le ballon.

Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !

SILENCE ON BOUDE !

Choléra boudait en jouant avec son ballon et ne voulait pas manger.
Les jumelles, sourcils encore plus froncés, boudaient en mangeant leurs frites et regardant Nombril.

Les parents, honteux, boudaient en mangeant leurs frites et regardant Nombril.
Pati, se demandant ce qu’elle faisait là, boudait, ne mangeait pas et regardait un vague point au-delà de la fenêtre.

LA FUITE

je ne boudais pas, ne mangeais pas, et essayais de contrôler le fou rire devant l’irréalisme de la scène.

Finalement, n’y tenant plus, je me levais, bafouillais quelque chose d’incompréhensible (selon Pati après) où l’on ne comprit que « excusez-moi…. Oubli… Voiture… reviens… » et me précipitais dans la cage d’escalier ou je pouvais enfin laisser fuser le fou rire

A mon retour, la situation n’avait pas beaucoup changée. Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof ! Les jumelles toujours aussi renfrognées, boudaient. Les parents ne boudaient plus, mais étaient toujours aussi honteux. Pati était redevenue elle-même, et essayait de dérider l’atmosphère avec un long monologue que personne n’écoutait vraiment ! Hé ! Pati ! On ne peut rivaliser avec Nombril ! Cependant, cela devait relativiser la honte des parents, vis à vis de nous.

Agir comme si rien ne s’était passé. Allez ! On aide la maîtresse de maison à débarrasser la table. Le dessert arrive. Je vais vers Choléra

CHOCOLAT, VIENS A NOTRE SECOURS !

Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !
« Ca va ? »

Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !
« Allez ! Viens au moins manger du dessert ! tu n’as rien mangé »

Tchoc ! Pof ! Tchoc ! Plof !
« C’est une glace au chocol… »

Pas le temps de terminer ma phrase, le mot magique avait fait son effet. Peut être aurait-il fallut mettre une crème au chocolat sur ses frites, pour le faire venir, et la soirée eut été plus calme ? (Oui, mais, je n’aurais rien eu à vous raconter !)

Ouf ! Un de moins pour bouder !

Toujours aussi honteux, les parents ne pouvaient rien avaler, et offrirent leurs parts de dessert aux jumelles. Renfrognées, folles de rage d’avoir été atteint dans leurs amours-propres, elles les avalèrent sans se rendre vraiment compte de ce qu’elles mangeaient. Il y aurait eu un coulis d’huile de foie de morue, qu’elles ne s’en seraient pas rendu compte.

Et la petite victime alors ? Choléra qui n’avait rien fait se retrouvait puni en ayant qu’une part de glace ! Prends la mienne, petit !

D’une pierre, je faisais 2 coups : Choléra était heureux d’avoir deux parts comme ses sœurs, et moi, de me débarrasser de la glace J’adore le chocolat, mais pas en glace.


La soirée continua sans événement marquant, ponctuée de chamailleries des gosses, de rappels à l’ordre des parents… La routine, quoi !

Courte échelle à Pati pour qu’elle puisse attraper nos vêtements.

Dans la voiture, je résumais la situation :

« Plutôt calme, la soirée ! Pour une fois ! »

Posté par Giovanni Petot à 22:33 - Humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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